ANTIQUITE:

Bien que cela ne plaira pas à de nombreux grincheux (et à la loi even), la bière à fortement influencé la sédentarisation des peuplades préhistoriques.

On sait tous que c'est en grande partie pour la culture des céréales, que l'homme choisit de s'établir. Nos maitres et autres professeurs ajoutaient bien vite que c'était pour le pain qui devint une des bases de l'alimentation... On oublie un peu facilement que l'on peut également consommer les céréales sous une forme liquide: l'ancêtre de la bière...

Sumériens et Egyptiens contribuèrent fortement à son essor en développant le maltage et en permettant à toutes les couches sociales d'avoir sa part de la production. De plus, une notion de sacré s'affirme, et s'amplifiera jusqu'à devenir une pièce essentielle de la cérémonie funéraire égyptienne (plusieurs jours d'errances, à boire de la bière, attendaient l'âme des défunts avant d'atteindre l'autre monde... ca vaut bien les mythes de nombreuses religions actuelles).

 

GAULOIS:

Malgrés de fortes réticences de la part des romains et des grecs (qui la réservait aux barbares, niant par la même une grande consommation), les techniques de brassages s'imposèrent dans les territoires où on ne pouvaient cultiver de la vigne, jusqu'à atteindre le nord de la scandinavie dés le début de notre ère. Cette implantation est fortement due aux terres lourdes et humides associées à des saisons bien contrastées, favorables à la production de céréales et notamment celles des orges ou des escourgeons (orges d'hiver) ... C'est ainsi que la cervoise gauloise connut une première production de masse, avec, notamment, la création du métier de tonnelier (que le vin s'empressa de copier !) et des évolutions techniques (maltage, ...) déterminantes pour la suite.

 

MOYEN-AGE:

Les invasions barbares du IIIe siècle font disparaître cette fabrication à grande échelle: il ne subsista alors qu'une fabrication domestique et familiale.Cette régression dans le mode de consommation ne lui enleva pas son caractère premier de boisson "sûre" (les eaux de surface étaient fréquemment polluées), et la bière garda sa place d'aliment courant et recherché.

Dès le VIIe siècle, les moines se tournent vers la bière et applique à la lettre un de leur principe: "le liquide ne rompt pas le jeûne" (ben tiens...). Les excédents sont vendus au gens de passage et rapidement la nouvelle tache (trés lucrative) de brasseur se généralise dans tous les monastères.

Le clergé décide alors de s'octroyer les forts revenus engendré par la bière: taxes sur les ingrédients, brassage uniquement par les femmes en dehors des abbayes (régression de 500 ans en arrière)... Ce droit accordé, il ne reste plus qu'à faire des procés en sorcellerie au femme pour usage abusif de plantes, et voilà comment se constitue un monopole...

Tout à une fin: première brasserie à Strasbourg en 1259. L'essor des brasseries artisanales vont détruire petit à petit les brasseries monacales qui ne pourront faire face à la concurrence, et l'église va favoriser de plus en plus la culture des vignes.

Les brasseurs organisèrent leur métier en corporations, et arrivèrent les premières taxes sur la bière (vers 1370).Mais, c'est l'utilisation du houblon dans le processus de fabrication de la bière va faire perdre son monopole au clergé: les brasseurs de Cologne en Allemange rachètent le droit du gruyt en 1461, et Guillaume IV, Electeur de Bavière, édicta en 1516, la loi de Reinheitsgebot (la Loi de pureté): la bière ne peut être fabriquée qu’a partir d’eau, de malt et de houblon.

 

ERE INDUSTRIEL:

La révolution industrielle annonce l'âge d'or de la brasserie. Les levures sont découvertes, les méthodes de refroidissement mises au point, naissance de la première bière de fermentation basse à Pilsen, développement du chemin de fer pour le transport ... L'industrie brassicole devient une industrie à extension durable.